Supprimer l’ISF, un caillou dans la popularité d’Alain Juppé ?

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La suppression de l'ISF figure en bonne place dans le livre-programme économique d'Alain Juppé, « Cinq ans pour l'emploi ». Une abrogation qui est loin de plaire aux Français, y compris dans l'électorat de droite.

Juppé ISF, 5 ans

 

Alain Juppé persiste et signe sur l'ISF. S'il gagne la primaire de la droite et du centre en novembre 2016 puis l'élection présidentielle 2017, il abrogera l'ISF en 2018. « Il y a une accumulation de taxes qui n'a pas d'équivalent dans les pays comparables. [...] On taxe la détention du capital avec l'impôt sur la fortune. Aujourd'hui, j'en arrive à la conclusion qu'il faut supprimer l'impôt sur la fortune », a déclaré le maire de Bordeaux en marge de la présentation de son livre-programme économique, « Cinq ans pour l'emploi ». « Je le supprimerai rapidement, dans la loi de finances 2018 », a-t-il poursuivi.

« L'ISF fait fuir le capital »

Pour l'actuel favori du scrutin présidentiel dans les sondages, « il faut convaincre les Français que l'ISF fait fuir le capital, que si on veut soutenir le développement du secteur productif, on a besoin de gens qui investissent dans les entreprises. C'est la raison pour laquelle il faut commencer par ne pas faire fuir l'argent ».

Mais l'électorat ne semble pas convaincu, y compris dans son propre camp selon un sondage mené par Odoxa pour BFM Business, Challenges et Aviva. Parmi une sélection de six mesures proposées par Alain Juppé, la seule recueillant une majorité d'avis défavorables est la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Même chez les sympathisants de droite, cette proposition, pourtant unanime parmi les ténors républicains (Nicolas Sarkozy, François Fillon et plus récemment Bruno Le Maire veulent son abrogation) est mal accueillie avec 57% d'opinions défavorables. Pas très surprenant cependant, sachant que moins de 1% des foyers fiscaux sont assujettis à l'ISF.

« J'ai conscience que supprimer l'ISF est impopulaire »

Invité à réagir à l'impopularité de la suppression de l'ISF, l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac en a défendu l'intérêt pour l'économie française.

« J'ai parfaitement conscience que cette mesure est impopulaire. Bien sûr, ce que je présente ce n'est pas du miel. [...] Est-ce que les Français sont prêts à entendre la vérité ou pas ? Je ne veux pas être élu en racontant des histoires. [...] Nous avons tous dit qu'il fallait taxer les revenus du capital comme ceux du travail, c'est une ineptie. Quand une entreprise distribue 100 euros de dividendes, que reste-t-il aux actionnaires après avoir payé tous les impôts ? Je parle de mémoire, je crois ne pas me tromper : en Allemagne 51 euros, en Grande-Bretagne 39 euros, en France 36 et après le paiement de l'ISF... 3 euros. L'argent s'en va. » Espérons pour lui que les électeurs ne s'en iront pas non plus.

 

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