ISF : comment défiscaliser dans les œuvres d’art

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Les œuvres d'art n'entrent pas dans le patrimoine taxable à l'ISF. Mais un achat judicieux n'est pas à la portée de tous. Quelques clés pour éviter les déconvenues.

Femme au tub d'Edgar Degas

 
Acheter des œuvres d'art pour payer moins d'ISF... Avant la fin de l'année, la tentation de bénéficier de l'exonération d'ISF sur l'art est grande, l'ISF 2017 étant calculé en fonction du patrimoine détenu au 1er janvier. Mais pour de nombreux professionnels de la gestion de patrimoine, la pratique est risquée et souvent déconseillée aux non-amateurs. D'une manière générale, « acheter dans le but unique de baisser sa fiscalité mène souvent au naufrage, c'est aberrant intellectuellement. L'avantage fiscal doit être considéré comme une cerise sur le gâteau », affirme Arnaud Dubois, directeur associé de IP Art, société de conseil spécialisée dans le placement en œuvres d'art et le conseil en gestion de patrimoine artistique.

Solution à étudier juste au-dessus du seuil de l'ISF

Pourtant, dans certains cas particuliers, ce spécialiste estime que l'acquisition d'une œuvre peut s'avérer « extrêmement pertinente » pour un foyer dont le patrimoine taxable à l'ISF est compris entre 1,3 et 1,4 million d'euros, juste au-dessus du seuil d'imposition.

« Par exemple, si vous êtes à la tête d'un patrimoine imposable de 1,35 million d'euros, l'achat d'une œuvre exonérée pour 50.000 euros vous permet de sortir de l'ISF. C'est un placement à 4 ou 4,5% de rendement net correspondant à l'économie d'impôt, indépendamment de la rentabilité intrinsèque de l'œuvre d'art », décrypte Arnaud Dubois.

Acheter avec une décote

Mais gare aux achats qui peuvent se révéler hasardeux pour un néophyte. La question de l'évaluation est centrale. « Si vous vous portez acquéreur de la mauvaise œuvre au mauvais prix, vous pouvez attendre de nombreuses années avant d'espérer pouvoir la vendre avec un bénéfice. Comme dans l'immobilier, c'est une question de bon sens », avertit le directeur de IP Art.

L'idée maîtresse consiste à acheter avec une décote pour revendre avec une plus-value. « Intervenir sur le marché de l'art est une question de logistique et d'expertise. Un artiste peut être très bien coté dans un pays et demeurer clairement sous valorisé dans un autre. La difficulté consiste à identifier ces opportunités d'achat à moindres frais », relève Arnaud Dubois.

A mi-chemin entre placements immobiliers et financiers

Mais peut-on investir sur l'art comme sur une autre classe d'actifs, sans être connaisseur ? La réponse est positive pour Arnaud Dubois, à condition d'être bien conseillé. Pour ce dernier, le placement en œuvre d'art se situe à mi-chemin, en matière de rentabilité, de liquidité et de fiscalité, entre placements immobiliers et financiers.

« L'immobilier est peu rémunérateur, extrêmement fiscalisé et peut liquide, ne serait-ce qu'en raison du paiement des frais de notaire et des droits de mutation à l'achat. Les actions, Sicav et FCP présentent une liquidité immédiate mais leur volatilité est souvent plus importante et la fiscalité n'est pas toujours favorable, sauf dans le cadre d'enveloppes du type assurance vie ou PEA. S'agissant des œuvres d'art, le marché est mondial, le délai de vente d'une pièce varie de plusieurs semaines à quelques mois selon l'artiste. Et la fiscalité est dérogatoire avec une taxe forfaitaire de 6,5%, prélèvements sociaux inclus », expose Arnaud Dubois.

De nombreuses ventes aux enchères sont organisées durant toute l'année partout en France. Prêt à sauter sur l'occasion ?

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