Gestion privée : l’exemple d’une construction de portefeuille en période de crise par Lombard Odier |
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| Écrit par Paul Régnier |
| Mercredi, 15 Février 2012 17:26 |
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Comment les gestions des banques privées appréhendent-elles la prise de risque depuis la crise des subprime ? Lombard Odier Investment Managers, la société de gestion de la banque privée suisse éponyme, a intégré dans son processus de gestion diversifiée une nouvelle approche appelée « Risk Parity ». Cette stratégie d'investissement vise à égaliser les contributions au risque de chaque classe d'actifs d'un portefeuille. Dans la gestion traditionnelle, le gérant privé va, outre le profil d'investisseur du client, composer son portefeuille en fonction du poids de chaque classe d'actifs, en surpondérant ou en sous-pondérant certaines catégories en fonction de la conjoncture économique. Jean-Louis Nakamura, responsable de l'allocation d'actifs chez Lombard Odier IM, s'oppose à la méthode classique. Il considère que cette technique « dissimule des expositions au risque déséquilibrées, souvent seulement cohérentes avec des vues très positives sur les actifs risqués ». Selon lui, 90% du risque total résulte de l'exposition aux actions dans un portefeuille prudent composé de 70% d'obligations et 30% d'actions. 2 portefeuilles : « Risk Parity » et « Tactical Alpha » Concrètement, la stratégie scinde en deux portefeuilles les actifs liquides : le premier appelé « Risk Parity » composé de rendements de marché directionnels et le second surnommé « Tactical Alpha » dont l'objectif est de créer de l'alpha (de la performance, NDLR). Pour créer le portefeuille « Risk Parity », le client doit délimiter son univers d'investissement (mono-classe ou multi-classe d'actifs) et fixer à la société de gestion un niveau de risque en fonction de sa tolérance (perte maximale envisagée). De là, la société de gestion en déduit une rentabilité espérée et investit sur des classes d'actifs liquides dont les primes de risques sont établies et reconnus sur le long terme (actions des pays développés et émergentes, obligations souveraines). A une exception, les matières premières intègrent l'univers en raison de sa qualité de protection contre l'inflation malgré des primes de risque moins établies. Le budget est ensuite réparti équitablement entre chaque classe d'actifs, sauf pour les matières premières où le risque est limité à 1/6 ème du portefeuille. La poche tactique est elle-même divisée en trois portefeuilles : long terme, moyen terme et court terme. Ce dernier est basé sur des stratégies d'analyse technique, le second sur un processus discrétionnaire macroéconomique et le long terme sur un processus de valorisation (analyse des primes de risque sous-évaluées). En termes de performances, Jean-Louis Nakamura donne l'exemple d'un portefeuille en Franc suisse dont la perte maximale souhaitée avoisine les 5%, ce qui correspond à une performance légèrement supérieure à 2%. En 2010, le fonds a réalisé une performance de 3,4% et de 1,9% en 2011, avec des pertes maximales enregistrées respectivement de 2,6% et 3,3%. Gestion reservée à une clientèle fortunée Toutefois, cette stratégie est réservée à une clientèle fortunée puisque le mandat de gestion démarre à près de 20 millions de francs suisses, soit environ 16,5 millions d'euros. Depuis son lancement en 2008, Lombard Odier IM gère plus de 2,5 milliards de dollars en multi-classes d'actifs et 400 millions de dollars en mono-classe en particulier sur les actions. |












