« Faire sauter l’ISF pour réduire le chômage »

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INTERVIEW - La Fondation Concorde, un think-tank libéral, appelle à supprimer l'ISF, un impôt à l'origine de nombreux maux dont souffre l'économie française. Pour son président Michel Rousseau, sa suppression permettrait de rapatrier des capitaux et de stopper les expatriations d'entrepreneurs créateurs d'emplois.

Michel Rousseau : "L'ISF, un impôt archaïque"

 

Toutsurmesfinances.com : Dans une note sur l'ISF parue en juillet 2014, la Fondation Concorde défend l'idée d'une suppression pure et simple de cet impôt. Avec un gouvernement socialiste au pouvoir, le timing est-il opportun ?

Michel Rousseau : Nous ne travaillons pas pour que des décisions soient prises dans les six mois, ni dans un avenir très proche. Mais il est nécessaire de convaincre les responsables politiques de droite comme de gauche qu'il faut faire sauter l'ISF, pour des raisons d'intérêt général, à commencer par la lutte contre le chômage.

Durant son quinquennat, Nicolas Sarkozy a eu l'occasion de supprimer l'impôt de solidarité sur la fortune, avant de renoncer. L'UMP est-elle prête à prendre cette décision ?

En France, nous avons une droite étatiste assez peu formée à l'économie de marché. Elle a conservé l'ISF depuis son rétablissement en 1989, je ne suis pas sûr qu'elle comprenne en quoi c'est une loi nocive pour la prospérité économique du pays. Il faut faire comprendre aux députés de droite que le plus grand service à rendre à l'économie française est l'abrogation de l'ISF.

Pourquoi supprimer l'ISF ?

Depuis plus de 30 ans, cette mesure fait fuir familles fortunées, investisseurs, managers et entrepreneurs, tous ceux qui peuvent investir et créer des emplois (il s'appuie sur les recoupements détaillés dans sa note, voir en bas de l'article, NDLR). Ils vont chercher des perspectives de carrière à l'étranger, payer leurs impôts et charges hors de nos frontières. L'ISF contribue à augmenter le nombre de chômeurs et à appauvrir les pauvres. Il faut mettre un terme à cette spirale. Notre rôle consiste à mettre cette idée dans la tête des Français qui n'ont pas nécessairement vu la situation sous cet angle-là.

Vous parlez d'un impôt archaïque...

C'est un vestige du programme du gouvernement de 1981 dont l'un des grands axes portait sur la nationalisation de moyens de production. Parmi les 28 nations membres de l'Union européenne, la France est la seule à avoir persisté dans cette voie en développant un impôt sur la fortune depuis bientôt trente-cinq ans.

« 1,2 million d'emplois perdus sur 20 ans »

L'ISF est un symbole, le rayer du droit fiscal d'un trait de plume n'est pas si simple. Que proposez-vous en remplacement ?

Rien. Il faut supprimer l'ISF, tout simplement. Cela fera 5 milliards d'euros de recettes fiscales en moins que l'on retrouvera très facilement grâce à la relance de l'activité et aux recettes de l'Etat induites. Le sentiment de sécurité provoqué permettra de stopper la fuite des talents et de faire revenir des expatriés. Cette hémorragie a entraîné la perte d'environ 1,2 million d'emplois sur 20 ans. Le maintien de ces emplois aurait ramené le taux de chômage de la France autour de 7,1%. La suppression de l'ISF se financera par elle-même, par le rapatriement de capitaux et le potentiel d'initiatives économiques, de création de richesses et d'impôts des entrepreneurs restés en France.

Comment sensibiliser les élus à ces questions ?

Nous avons diffusé notre analyse à 3.500 exemplaires auprès des décideurs politiques et auprès de 14.000 relais d'opinions via Internet.

Si la gauche devait rester au pouvoir en 2017, reviendra-t-elle sur l'existence de l'ISF ?

En l'absence d'alternance politique, je ne vois pas la gauche prendre une telle mesure. Pourtant il faut lutter contre cet archaïsme dont il faut se séparer au plus vite si la France ne veut pas décrocher davantage.

Note de la Fondation Concorde sur la suppression de l'ISF publié par ToutSurMesFinances.com
 

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